Frelon asiatique en province du Hainaut : comprendre une espèce invasive en pleine expansion
Le frelon asiatique est une espèce invasive apparue en Europe en 2004. Désormais bien implantée en province du Hainaut et en Wallonie, son expansion rapide pose des enjeux concrets pour la sécurité publique et la biodiversité, notamment pour les abeilles.
Face à cette situation, l’objectif n’est plus de l’éradiquer mais bien de parvenir à cohabiter sereinement. L’information et la vigilance de chacun jouent donc un rôle essentiel. Bien identifier l’espèce, adopter les bons comportements et réagir de manière adaptée permettent une gestion maitrisée de cette espèce invasive.
Pour vous accompagner, cette page vous propose des repères clairs et des actions concrètes selon votre situation :
- Reconnaître le frelon asiatique : apprendre à identifier l’espèce et éviter les confusions
- Que faire en tant que citoyen ? Prévenir et agir efficacement
- Que faire en tant qu’apiculteur ? Protéger ses ruches et agir efficacement
- Ressources et contacts: documents de sensibilisation, tutos, liens vers sites webs utiles
En savoir plus sur le frelon asiatique
Une introduction accidentelle en Europe
Le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) a été introduit accidentellement en Europe en 2004. Depuis cette introduction, l’espèce s’est progressivement installée et étendue sur une grande partie du territoire européen, dont la Belgique.
Une expansion rapide en province du Hainaut et en Wallonie
Le premier nid de frelons asiatiques a été repéré en 2016 à Tournai. Depuis, son expansion ne cesse de s’intensifier.
En 2025, la Région wallonne a recensé 1 952 nids de frelons asiatiques neutralisés, contre 584 en 2024. Cette progression rapide illustre la capacité d’adaptation de l’espèce et son implantation durable sur le territoire.
Aujourd’hui reconnue comme espèce invasive, son éradication ne semble plus possible. L’enjeu est désormais de contenir sa prolifération, d’en limiter les impacts et d’agir si un risque pour la population est avéré.
Le frelon asiatique trouve en Wallonie des conditions particulièrement favorables à son développement : peu de prédateurs naturels et des conditions climatiques propices, notamment lors de printemps chauds et secs, qui accélèrent son expansion.
Quels risques pour l’homme ?
Une dangerosité limitée sauf à proximité des nids
Les risques pour l’homme sont globalement limités. Le frelon asiatique n’est pas agressif envers l’être humain lorsqu’il est isolé ou en activité de chasse.
La piqûre, qui reste occasionnelle, est plus douloureuse que celle d’une guêpe, mais elle n’est généralement pas plus dangereuse. La douleur ressentie est plus forte car son dard est plus gros. Néanmoins, elle injecte une quantité de venin moindre que la guêpe. Comme pour d’autres insectes piqueurs, un risque existe toutefois pour les personnes allergiques, qui peuvent développer des réactions sévères.
Le principal danger survient à proximité des nids. En période estivale, lorsque la colonie atteint son pic d’activité, le frelon asiatique adopte un comportement défensif. S’il se sent menacé, il peut attaquer en groupe, augmentant le risque de piqûres multiples qui peuvent conduire à une intoxication.
Il est donc fortement déconseillé de s’approcher à moins de cinq mètres d’un nid ou de tenter toute intervention. Toute situation à risque doit être gérée avec prudence.
Un prédateur redoutable pour les abeilles domestiques
Comme d’autres insectes, les frelons adultes se nourrissent de fruits mûrs et du nectar des fleurs. En revanche, leurs larves nécessitent un apport important en protéines. Les ouvrières capturent donc d’autres insectes comme les mouches, guêpes, papillons et surtout abeilles pour les nourrir.
Le frelon asiatique a développé une technique de chasse particulièrement efficace à proximité des ruchers : positionné près de l’entrée de la ruche, en vol stationnaire, il surveille les allées et venues des abeilles mellifères. Dès qu’il capture une proie, il la dépèce pour ne conserver que le thorax. Cette partie du corps, riche en muscles et en protéines, est transformée en boulette pour nourrir ses larves au nid. Le frelon rejette généralement la tête, l’abdomen et les ailes de l’abeille.
De plus, cette pression constante perturbe l’activité des colonies. Les abeilles, stressées, réduisent leurs sorties pour butiner, ce qui entraîne une baisse de l’apport en nourriture et fragilise progressivement la colonie. Dans les cas les plus sévères, celle-ci peut finir par s’effondrer.
Les apiculteurs sont directement impactés, avec des pertes parfois importantes. Au-delà de ces conséquences économiques, c’est l’ensemble de la biodiversité qui est concerné, en raison du rôle essentiel des abeilles dans la pollinisation.
Les abeilles sauvages restent généralement moins exposées, car elles sont plus dispersées dans l’environnement.
Sources:


