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LES CONSEQUENCES DE LA PANDEMIE COVID-19 SUR L’ECONOMIE UKRAINIENNE

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La pandémie de Covid-19 a touché toutes les économies du monde. Chaque pays sera impacté différemment, avec des conséquences encore parfois inconnues, qui seront considérables ou moins importantes, et des défis de taille pour chaque gouvernement.

L’Ukraine étant un partenaire de la Province au travers du projet Hainaut-Poltava depuis 15 ans, nous avons décidé de nous pencher aujourd’hui sur les conséquences de la pandémie et du confinement sur l’économie ukrainienne.

LES CONSEQUENCES DE LA PANDEMIE COVID-19 SUR L’ECONOMIE UKRAINIENNE

Selon une étude de Kreston GCG [1] réalisée avec l’Union des Entrepreneurs ukrainiens et la société Ukrainian Marketing Group sur l’impact de la crise sanitaire, un tiers des entreprises ukrainiennes ont suspendu temporairement leur activité et 6% l’ont arrêtée définitivement. Les entreprises toujours en activité sont également en grande difficulté.

Selon les prévisions des spécialistes, les pertes économiques continueront à toucher le pays après le déconfinement, suite à la baisse du pouvoir d’achat de la population, conséquence importante des mesures prises lors de la quarantaine.

Le gouvernement ukrainien a dès lors révisé les indices macroéconomiques de 2020. On annonce une dévaluation du Hryvnia (UAH) de 11% par rapport au cours de  l’année précédente. Mais  en cas de prolongation de la crise sanitaire, le dollar américain pourrait atteindre 35 UAH. Le taux d’inflation prévu de 8,7% semble assez pessimiste et les analystes évaluent plutôt cet indice à environ 5%. On s’attend à une hausse du niveau de chômage de 1,3% (actuellement à 8%).  Néanmoins, les prévisions du FMI sont plus pessimistes avec un taux de chômage qui pourrait atteindre 10,1% vers la fin de l’année.

On prédit également une baisse du salaire moyen. Mais, en prenant en considération l’inflation annoncée, son niveau sera plus ou moins équivalent à celui de 2019.

Tous les segments de l’économie sont impactés par la pandémie COVID-19 à des degrés différents. Les secteurs les moins touchés par la crise sanitaire sont la construction, l’approvisionnement en électricité et en gaz, la recherche scientifique et technique, l’informatique et les télécommunications, les industries extractives, le secteur public, la défense, l’agriculture et l’agro-alimentaire, le pharmaceutique, l’exploitation forestière et les pêcheries, les industries de transformation.

L’agriculture et l’industrie agro-alimentaire, secteurs piliers de l’économie ukrainienne, ont été relativement épargnés par la crise. L’agriculture a profité de la chute des prix du marché mondial due au surplus de l’offre, et des allègements fiscaux mis sur pied en faveur des entreprises agricoles. Toutefois, l’agriculture reste aussi tributaire de marchés connexes: semences, produits phytos, engrais,… Quant au secteur de l’agro-alimentaire, il a bénéficié de l’augmentation des volumes d’achats par les chaînes de magasins pour éviter la pénurie alimentaire et de la consommation stable du panier de la ménagère. Par contre, les produits alimentaires « de luxe » (délicatesses, produits étrangers plus chers,…) sont impactés directement par la baisse du pouvoir d’achat.

L’industrie pharmaceutique a assisté à une augmentation de ses ventes liée à la crise Covid-19: explosion des ventes d’antiseptiques, de vitamines, d’antiviraux et de compléments alimentaires bio. Des fonds d’investissements ont également vu le jour, dont le but est d’acheter des médicaments pour prévenir la propagation du virus.

Le secteur de l’informatique a également bénéficié de la crise en enregistrant une croissance de 1 à 2% de ses services traditionnels. Le télétravail généralisé a créé une augmentation de la demande en connexion Internet rapide. Les services liés au travail à distance ont, quant à eux, augmenté de 20 à 30% ainsi que la consommation des programmes de loisir en ligne.

Dans un futur proche, on s’attend à une continuité d’un développement positif de ces mêmes secteurs de l’économie ukrainienne: croissance de la demande en matières premières agricoles, une augmentation des investissements dans l’industrie pharmaceutique du médicament générique, et une hausse de la demande de nouvelles solutions IT dans le monde des entreprises.

La crise se fait par contre déjà sentir dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, certains services administratifs, l’éducation, l’immobilier, le transport et la logistique, les services de poste et de courriers, le commerce de gros et de détail et les services techniques des moyens de transport.

Plus de la moitié des établissements HoReCa n’ont pas réussi à s’adapter aux mesures Covid imposées par le gouvernement ukrainien. D’après la société de traitements des données OpenDataBot, le chiffre d’affaires des restaurants et cafés a en moyenne diminué de 73%, ce qui s’est traduit par une perte de 160 000 emplois dans le secteur. La quarantaine a également fortement impacté le secteur privé du transport de passagers. La Chambre de Commerce et d’Industrie d’Ukraine estime la perte à 250 millions d’UAH. La note est également salée pour les salons de beauté et de coiffure (selon la CCIU, pertes estimées à 1,5 milliard de UAH) et pour les loisirs et la culture (selon la CCIU, pertes estimées à 300 millions de UAH).

[1] Kreston GCG est la branche ukrainienne de Kreston International, une des plus grandes sociétés de consultance au monde, qui compte 23 000 professionnels, répartis dans 110 pays. Etude parue le 24/04/20.

Changement des comportements de consommation face à la COVID-19

Face à la pandémie, beaucoup de consommateurs ukrainiens ont modifié leur comportement et augmenté leurs dépenses. Selon un sondage réalisé par l’agence digitale Postmen, cela concerne surtout les habitants des petites villes et villages, à l’opposé des grandes villes où une tendance à la réduction des dépenses prédomine.

Il est à noter que, toujours selon ce sondage, un tiers de la population ukrainienne ne possède pas d’épargne. Et en cas de perte d’emploi post-Covid-19, c’est une importante frange de la population qui se retrouvera sans moyens de subsistance.

Les mesures sanitaires n’ont pas eu beaucoup d’influence sur les préférences des lieux d’achat. Ainsi, plus de la moitié des Ukrainiens privilégient les achats en magasins; 86% parmi eux y achètent les produits de première nécessité.

Les achats de denrées alimentaires ont connu une forte hausse et occupent la 1re place des ventes en magasin. Les produits considérés de seconde nécessité (l’habillement, la chaussure, les gadgets, les appareils ménagers, les meubles et les voitures) se sont retrouvés loin derrière dans les ventes.

Opportunités et risques pour les affaires

  • Les investissements: les actions d’un certain nombre d’entreprises stables sont en baisse. On s’attend à une remontée de leurs cours après la crise.

  • Le partenariat avec l’Etat: le processus de déconfinement étant entamé, l’Etat va miser sur  une reprise rapide des activités économiques, la création de nouveaux emplois et des projets d’investissements.

  • Les nouvelles activités en ligne: de nouveaux services en ligne ont vu le jour et vont continuer à se développer dans des domaines où ils étaient plutôt absents (tourisme, beauté, cuisine,…)

  • L’Internet: Internet a prouvé sa place prépondérante pendant la crise. Les entreprises vont devoir en tenir compte dans le développement de leurs activités.

  • La réduction du pouvoir d’achat… et la baisse du volume de production qui va en découler.

  • Les chaînes internationales de livraison: les mesures sanitaires risquent d’avoir un impact important sur les produits provenant de fournisseurs étrangers et les entreprises pourraient être contraintes de chercher des nouveaux partenaires.

  • Le personnel:  beaucoup d’entreprises ont congédié une partie de leur personnel à cause de la crise. Les entreprises vont peu à peu retrouver leur niveau de production pré-Covid et seront confrontées à un problème de pénurie de main d’oeuvre.

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Province de Hainaut – Hainaut Développement

Caroline DORIGNAUX – Chef de projets – International

Conseil Douanes

Tél.: +32 65 342 579

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