Agence de Développement de l'Economie et de l'Environnement de la Province de Hainaut
Hauts Pays : les arbres et les haies remis tout doucement au goût du jour

Une pâture de 4 ha en plein village de Marchipont (Honnelles). C’est là que paissent les chevaux dont s’occupe Lauriane Carlier et Pierre Lion. Elle gère une pension pour chevaux et souhaitait leur permettre d’évoluer dans un milieu le plus proche…

Une pâture de 4 ha en plein village de Marchipont (Honnelles). C’est là que paissent les chevaux dont s’occupe Lauriane Carlier et Pierre Lion. Elle gère une pension pour chevaux et souhaitait leur permettre d’évoluer dans un milieu le plus proche possible de leur habitat naturel « Le cheval ne se nourrit pas que d’herbe, mais aussi de racines, de baies, de feuillage. Il a aussi besoin de zones naturelles où il peut se mettre à l’abri du soleil et des intempéries« . La jeune femme a fait appel au Parc naturel des Hauts Pays et à Hainaut Développement, pour recréer cet environnement, finalement assez proche du paysage bocager traditionnel de la région. « Autrefois les terres étaient plus morcelées, avec des haies qui délimitaient les propriétés. Cela a progressivement disparu avec l’apparition d’une agriculture plus intensive. Ce qui fait qu’on a beaucoup perdu en termes de biodiversité, de protection. Aujourd’hui nous essayons de favoriser la réintroduction de ces éléments« , explique Romain Jenard, chargé de mission en agroforesterie au sein d’Hainaut Développement.

Réinstaurer la confiance envers la nature

Cette semaine toute une équipe de planteurs était donc à pied d’œuvre pour mettre en place des haies, des vergers, des alignements d’arbres. Ce sont en tout un millier de plants de diverses espèces indigènes qui ont été répartis sur le site. Un futur petit paradis pour les chevaux, mais aussi une belle vitrine de ce qu’est l’agroforesterie pour le Parc naturel. Car tout un travail de sensibilisation est en cours auprès des agriculteurs locaux. « On ne leur demande pas de passer du jour au lendemain à la plantation de haies et de vergers, mais on veut leur montrer que la diversification est bénéfique pour leurs sols, pour la biodiversité et même en matière de production, car les haies et les vergers protègent les cultures. Il faut réinstaurer chez eux cette confiance envers la nature« , insiste Sébastien Delfar, du Parc naturel.

Une contrainte supplémentaire pour les agriculteurs?

Les monocultures intensives sont aujourd’hui pointées du doigt lors de grosses intempéries. Les arbres et les haies, au contraire, retiennent les terres et empêchent les eaux de ruisseler C’est un des arguments mis en avant par les partenaires. Tout comme les revenus générés par ces plantations: « On propose des espèces choisies en fonction de la qualité de leur bois, de leur potentiel de production« , ajoute Romain Jenard. Certains agriculteurs s’imaginent aussi qu’il s’agit d’une contrainte supplémentaire. Sébastien Delfar prend l’exemple d’un verger planté dans une prairie. « On peut planter avec suffisamment de distance pour permettre aux machines de passer.Il y a très peu d’entretien à faire. Juste une taille de formation quand les arbres sont jeunes. Mais une fois qu’ils sont partis, ce seront des récoltes, un abri pour son bétail, et cela fixera son sol« . De son côté, Lauriane Carlier s’attend effectivement à devoir faire un peu de taille d’ici quelques années, « mais les chevaux vont nous aider en mangeant les branches qui dépassent« ….

Source : http://www.vivreici.be/article/detail_hauts-pays-les-arbres-et-les-haies-remis-tout-doucement-au-gout-du-jour?id=150005

Lire hors ligne: